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Pourquoi se dégoogliser et s’éloigner des GAFAM ?

Aujourd’hui ça doit faire à peu près 6 mois que j’ai sérieusement entamé mon processus de “dégooglisation“. Dans cet article, le premier d’une longue série que je consacrerai à la vie sans Google, je m’attarderai sur les raisons qui m’ont motivées à entamer ce processus. Dans les articles qui suivront, je vous révélerai comment je suis parvenu à (presque) entièrement quitter Google à l’aide d’alternatives respectueuses de la vie privée. Vous le verrez, le chemin n’aura pas toujours été facile à emprunter et même s’il m’en reste une partie à faire, j’en tire déjà une grande satisfaction.

Le nom de ce blog est une excellente façon d’aborder le pourquoi de ma démarche, enfin surtout le deuxième terme. Rewild… Rewild comme “réensauvager” ou dédomestiquer. Mon envie de me créer un mode de vie moins aliéné, plus sauvage et plus libre m’a conduit à entamer de nombreux changements de vie (comme me trouver un lopin de terre en pleine nature sur une île montagneuse – mais ça c’est une autre histoire !). Et parmi ces changements il y avait la volonté de ne plus dépendre d’une entreprise multimilliardaire et surpuissante pour la gestion de ma vie numérique. Il m’était impensable de poursuivre ma démarche en restant captif de Google. Grâce à mon utilisation consentie de leurs services, une grande part de ma vie était enregistrée, classée et scrupuleusement étudiée par leurs algorithmes et ce dans l’unique but de faire de l’argent en me proposant de la publicité ciblée. Mes données personnelles n’avaient plus de secret pour Google qui savait tout de moi : qui je fréquente, où je me rends, mes interrogations, mes sujets de prédilection, le contenu de mes correspondances, mes habitudes de vie, mes paramètres biométriques et bien plus encore. Comme des centaines de millions d’autres individus, j’étais totalement aliéné à Google. En utilisant leurs services gratuits, je travaillais en réalité bénévolement pour eux. Je participais activement à la création du monstre qu’est devenu Google et étais devenu l’un de leurs esclaves. Au travers d’actes plutôt anodins (échanges d’emails, sauvegardes de photos, visionnages de vidéos, etc) j’engraissais activement le capitalisme de surveillance de masse.

Avec Google, c’est la première fois dans l’histoire de l’humanité qu’une entreprise est en mesure de connaître et d’analyser les moindres faits et gestes et les moindres pensées de centaines de millions d’individus. Mais aussi d’en influencer le comportement. Les algorithmes des géants du web ne sont pas neutres et leur fonctionnement reste bien secret. Ils participent notamment au clivage de la société au travers de ce qu’Eli Pariser a appelé les bulles de filtre. Par ailleurs, en tant que régie publicitaire, Google met tout en oeuvre pour vous rendre accros à ses services, et ce dans l’unique but de maximiser les chances que vous interagissiez avec leur publicité ciblée. On parle d’économie de l’attention. L’attention est devenu le nouvel or noir et des entreprises comme Google sont prêtes à tout pour capter la vôtre. Leurs applications sont pensées pour vous voler votre temps de vie et vous asservir. Les ingénieurs de Google (et pas seulement) ont très bien compris comment vous rendre accros. Leurs applications et leurs algorithmes d’intelligence artificielle de plus en plus complexes sont pensés pour influencer votre cerveau primitif et son système de récompense basé sur la dopamine, l’hormone du plaisir. Comme le dit Tristan Harris, un ex-employé de Google, Tech is downgrading Human. Google, c’est une concentration de pouvoir encore jamais rencontrée. L’entreprise qui fut, il y a 20 ans à peine, une petite startup du web est désormais en mesure d’influencer le cours de l’humanité suivant sa propre vision, vision qui risque bien certainement de ne pas être la vôtre (à moins que vous ne soyez aussi transhumaniste).

Si votre addiction, voire votre asservissement à Google ne vous fait pas froid dans le dos et si vous ne vous vous sentez pas concerné par la surveillance de masse car vous pensez n’avoir rien à cacher, je vous invite à visiter le site degooglisons internet de l’association Framasoft, à vous (re)pencher sur les révélations du lanceur d’alerte Edward Snowden et à regarder le documentaire Nothing to Hide réalisé en 2017 par Marc Meillassoux. Vous risquez bien de changer d’avis et de voir votre relation avec votre smartphone sous un autre angle. Selon moi, l’emprise des GAFAMs sur notre vie est un problème aussi critique que le réchauffement climatique. Il s’agit d’une menace pouvant porter atteinte aux équilibres soutenant les modes de vie de l’ensemble de l’humanité (Je tâcherai de prendre le temps de vous détailler cette vision dans un prochain article).

Ma démarche de mode de vie moins aliéné se devait donc de passer par la case dégooglisation. Ce que j’entends par réensauvagement ne signifie pas un refus de la technologie et un retour à l’âge de pierre. Comme le dit Bernard Stiegler, “la technologie est porteuse du pire autant que du meilleur“. Il s’agit plutôt de reprendre contrôle sur sa vie et vivre plus libre, vivre plus en accord avec sa vraie nature humaine, façonnée par des millions d’années d’évolution dans un monde non techno-centré. C’est vivre de façon plus critique et consciente par rapport aux conventions et attentes de la société dans laquelle nous évoluons (nous verrons tout cela dans un autre article) mais aussi par rapport aux outils technologiques que nous utilisons. Rien n’empêche donc d’entamer un processus de réensauvagement tout en utilisant des outils technologiques opensource par exemple. Selon moi, la question n’est pas de savoir si nous acceptons ou non la technologie mais plutôt quelle technologie acceptons-nous et quel usage souhaitons-nous en faire ? Et de toute façon, dans nos sociétés modernes, que nous le voulions ou non, la technologie s’impose à nous et nous devons composer avec son emprise grandissante. Ne pas être en mesure de maîtriser la technologie est aujourd’hui source d’exclusion au même titre que l’illettrisme. Nous pouvons néanmoins nous battre pour faire en sorte qu’émerge une prise de conscience quant à un usage critique de la technologie. Par qui est-elle développée ? Dans quel but ? Avec quelles conditions d’utilisation ? Avec quelles implications quant à notre mode de vie ? Telles-sont selon moi les bonnes questions à se poser face à notre utilisation quotidienne d’outils technologiques. Ma démarche de dégooglisation n’est donc en rien une démarche de refus de la technologie et du monde numérique.

Internet est une invention formidable. Voulons-nous vraiment que cette invention se réduise à un outil de surveillance et de contrôle de la population dominé par une poignée d’acteurs surpuissants et de mèches avec les agences de renseignements ? Pour ma part la réponse est non. Ma tentative de dégooglisation s’inscrit donc dans une démarche de sortie de l’asservissement de l’entreprenocratie , de reconquête de liberté, et de lutte face à la prédation de mon existence.

Dans le prochain article je vous révélerai une première série d’alternatives que vous pourrez vous aussi facilement mettre en place pour significativement réduire votre dépendance à Google. J’ai pris le temps d’enrichir cet article de nombreux liens pour que vous puissiez par vous-même continuer à creuser le sujet. J’espère qu’il aura au moins suscité votre curiosité. Cet article n’est que le reflet de ma vision actuelle et je serai ravi de pouvoir échanger sur le sujet une discussion avec vous dans les commentaires, qu’importe votre opinion vis-à-vis de ma démarche.

Pour aller plus loin :

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